Conférences de culture générale 2019-2020

Premier semestre

Toutes les conférences ont lieu en salle Simone Veil (Salle des conférences), Site des Chênes 1

 

Au premier semestre, la Faculté de Droit aura l’honneur d’accueillir les cinq conférenciers suivants :

 

LUNDI 14 OCTOBRE de 15h à 17h

La représentation du modèle noir dans les arts du XVIIIe au XXIe siècle
  • Anne-Sophie GODOT - Docteure en histoire de l’art, chargée de cours à l’École du Louvre, à l’université de Cergy-Pontoise et à l’université d’Artois

Objet de fascination de l’Ancien Régime, l’Orient – qu’il soit d’Asie ou d’Afrique – est une source majeure de l’art occidental. Les hommes et femmes qui servent de modèles et inspirent les artistes sont restés jusqu’à une période très récente anonymes, invisibilisés, relégués dans l’ombre de l’histoire. Comment et pourquoi des artistes se sont-ils servis d’eux pour traduire leurs conceptions esthétiques sur la toile des tableaux ? Les valeurs politiques ou symboliques de ces représentations sont multiples, invitent à interroger la vision occidentale de l’histoire de l’art et mettent le spectateur face à la question de sa propre identité.

 

MARDI 22 OCTOBRE 2019 de 14h à 16h

L’enregistrement musical : entre langage neuf et colonisation économico-technologique
  • Jean ROCHARD - Producteur de musique enregistrée, fondateur des disques nato

L’invention de la reproduction sonore (le phonographe est inventé en 1877) a bouleversé le rapport à la musique comme l’imprimerie avait transformé le rapport à l’écrit. La musique enregistrée est dans un premier temps une trace documentaire, elle devient vite une pratique en soi influençant l’ensemble de la création musicale. Le studio offre un lieu d’expression alternatif à la salle de concert et de nouveaux langages musicaux se forgent. Mais cette évolution est indissociable d’une industrialisation de la musique. De nos jours, les progrès spectaculaires de la technologie permettent l’accès à un nombre de sources inimaginable, mais tendent à réduire la musique à l’état de gadget anonyme. Face à cette nouvelle phase de l’industrie musicale, des inventions artisanales persistent ou se font jour.

 

MARDI 19 NOVEMBRE 2019 de 14h à 16h

La Justice à Pontoise
  • Pauline PRÉVOT - Animatrice de l’architecture et du patrimoine de la ville de Pontoise

Du château royal à la Cité judiciaire, Pontoise a toujours été un haut lieu de justice. En 1188, la ville a été la première cité du royaume de France à demander dans sa charte communale le droit de justice pour les délits et crimes commis sur son territoire. Au fil des siècles, Pontoise s’affirme comme terre judiciaire avec ses multiples tribunaux, dépendant du maire-prévôt, des corporations, du roi ou du clergé. Depuis la Révolution, Pontoise est devenue un centre incontournable de la vie judiciaire du pays. La conférence abordera le système judiciaire à Pontoise sous l’Ancien Régime puis son évolution à partir de la Révolution. Elle sera illustrée par de nombreux documents visuels présentant une vue d’ensemble des différentes instances de justice qui ont siégé dans la ville.

 

MARDI 03 DÉCEMBRE 2019 de 10h à 12h

Le transhumanisme : rêve ou cauchemar d’une humanité transformée ?
  • Philippe DANINO - Professeur agrégé de philosophie en Classes préparatoires

Le transhumanisme affirme la possibilité d’améliorer radicalement la condition humaine grâce au développement des technologies, d’éliminer le vieillissement et d’améliorer fortement les capacités humaines sur les plans intellectuel, physique et psychologique. En tentant de repousser les limites imposées par la nature, il entend évacuer la distinction du possible et du souhaitable. À travers des questions telles que celles du mépris du corps et de la performance humaine, c’est le sens du qualificatif « humain » que vient questionner le transhumanisme, surtout s’il apparaît comme la reconduction d’idéaux religieux, tels que l’immortalité, la toute-puissance et la perfection.

 

VENDREDI 13 DÉCEMBRE 2019 de 14h à 16h

Politique et religions en France
  • Michel DELATTRE - Professeur de philosophie à l’IEP de Saint-Germain-en-Laye

Les relations entre l’État et les religions en France ne se résument pas à la question du port de signes religieux à laquelle on les réduit trop souvent aujourd’hui. Le principe de laïcité vise à la fois à affirmer la séparation des Églises et de l’État et la liberté des cultes et des croyances. La « laïcité à la française » a cependant toujours été une question sensible, pour des raisons qui ont  beaucoup évolué. Il faut donc comprendre les raisons à la fois historiques et sociales qui font que le principe de laïcité, simple tant qu’il ne s’agit que de l’énoncer, devient très complexe dès qu’il faut le mettre en application.

 


 

Second semestre

 

MARDI 21 JANVIER 2020 de 15h à 17h - AMPHITHÉATRE LAROUSSE

Lecture scénique de la pièce de théâtre L’affaire Jean Zay
  • Par la compagnie ENGRENAGE THÉÂTRE, mise en scène de René ALBOLD

Jean Zay, ministre à 32 ans du gouvernement Blum, a réformé l’école républicaine, créé des musées, redressé la Comédie Française, créé le Festival de Cannes… Engagé volontaire dans l’armée française en 1939, il est accusé de désertion par le gouvernement de Vichy, dégradé et condamné à la déportation en Guyane. Finalement emprisonné à Riom jusqu’en 1944, il est abattu dans un bois par des miliciens français. L’adaptation porte sur le quotidien du prisonnier, les événements politiques entre 1936 et 1940 et la correspondance avec son épouse. C’est une pièce sur l’acte de résistance et c’est un miroir qui nous est tendu : comment tenir face à la barbarie ?

  • Pour en savoir plus, visitez le site de la Compagnie Engrenage Théâtre ICI

 

VENDREDI 20 MARS 2020 de 10h à 12h - SALLE DES CONFÉRENCES    => ANNULÉ

La construction de l’image du roi : portraits et symboles royaux dans la France médiévale
  • Pauline LLOPIS - Guide-conférencière au Grand Palais, chargée de mécénat à l’École du Louvre

La figure du roi de France est élaborée depuis l’avènement de Clovis et tout au long du Moyen Âge. Cette construction s’appuie sur un discours qui présente le souverain sous différents visages ; à la fois élu divin, dirigeant, guerrier ou encore protecteur des arts, il est paré de certaines qualités et aptitudes. Cette représentation est forgée et diffusée par la littérature politique, comme les Miroirs de prince, mais également à travers les arts. Une exploration artistique, allant des portraits du prince et passant par les lieux et symboles qui fondent autant qu’ils illustrent l’image du souverain idéal, permettra d’éclairer la pensée politique de la figure du souverain au Moyen Âge.

 

JEUDI 26 MARS 2020 de 14h à 16h - SALLE DES CONFÉRENCES    => ANNULÉ

La nationalité : invention et manipulation
  • Karine PARROT - Professeur des Universités en droit privé, université de Cergy-Pontoise

Que signifie « être français.e » ? Quels sont les critères pour être ou devenir français.e ? La nationalité, qui semble aujourd’hui un élément incontournable de l’identité des personnes, est pourtant une notion relativement récente. La conférence traitera de l’invention de la nationalité et des différents usages qui en sont faits par les États au gré de leurs besoins.

 

JEUDI 23 AVRIL 2020 de 14h à 16h - SALLE DES CONFÉRENCES

Peut-on condamner un homme pour impiété ? Le procès de Socrate et la question de la « religion juste »
  • Nicolas FRANCK - Professeur agrégé de philosophie

En 399 av. J.-C., Socrate, le « père de la philosophie », est exécuté après avoir été condamné à mort par un tribunal athénien. Il a notamment été déclaré coupable d’impiété : on lui reproche de ne pas respecter les lois religieuses de la Cité. Mais comment savoir ce qui est vraiment pieux ou impie ? Juste ou injuste ? Socrate montre qu’il faut au préalable se demander ce que les dieux attendent des hommes et ce qu’il convient de faire pour leur obéir. L’enquête rationnelle qu’il mène sur ces sujets dépasse largement le cadre de la religion polythéiste grecque. Ainsi, en se défendant de l’accusation d’impiété, il pose les fondements d’une pratique religieuse compatible avec les exigences de la raison, qui reste valide dans le cadre des monothéismes.